Art de vivre

L’art de se faire du bien… en dansant ! Avec la Biodanza

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Bouger, se défouler… On connaît les multiples bienfaits qu’apporte l’activité de danser. Avec la Biodanza, ou « danse de la vie », on apprend, en dansant, à “sentir” la vie plutôt que la penser, à nous connecter à la présence à soi et aux autres. La pratiquer régulièrement stimule l’affectivité, la vitalité et la joie de vivre. Alors, en piste avec la Biodanza !

Je n’avais jamais entendu parler de cette discipline psychocorporelle originaire du Chili. Je me suis donc présentée à un cours de 8 participants. La facilatrice – telle est nommée la personne qui nous guide pour une séance – explique la séance qui suivra, nous invitant tout simplement à nous laisser aller en bougeant sur la musique et ses directives, selon son propre potentiel et ressenti. « Et nul besoin de savoir danser. Ici, pas de chorégraphies ! » Alors un peu timides, on se lance dans l’espace sur les rythmes des différentes musiques : classique, latino, jazz, opéra. Mon visage au départ un peu crispé se détend peu à peu. Mon corps et moi s’apprivoisons, mes muscles se délient. Puis les sourires et les clins d’oeil s’échangent entre les participants. Une certaine confiance s’installe et les émotions surgissent : joie, peine, tristesse… Les envolées nous permettent d’exprimer notre plaisir tantôt teinté d’éclats de rire ou de cabrioles. Libérateur !

La Biodanza a été créée dans les années 1960 au Chili par Rolando Toro Araneda (1924-2010), psychologue, anthropologue, poète et peintre. C’est à l’hôpital psychiatrique de l’Université de Santiago qu’il découvre que la musique et certains mouvements produisent chez ses patients une meilleure capacité́ de communication et de motricité́. Ses observations deviendront les fondements de sa méthode qu’il baptisera Biodanza (de bios, vie et danza, danse) soit « la danse de la vie ». Toutes les séances ont pour but de stimuler « les potentiels génétiques de l’être humain » afin de renforcer sa santé, sa conscience éthique et sa joie de vivre. Sa méthode s’étendra en Amérique du Sud puis en Europe et est aujourd’hui pratiquée dans plus de 60 pays. Elle se fait connaître au Québec dans les années 80 par Michel Loignon et le psychologue Jean-Luc Bourgages qui a suivi la formation d’un an au Brésil. À l’automne 2003, l’École de Biodanza de Montréal voit le jour.

L’élément « humain » de la Biodanza

Au fur et à mesure de la séance, le contact avec les autres se fait plus fluide. La facilatrice nous invite à faire des rondes en groupe ou des danses à deux, trois ou quatre. Le groupe est essentiel dans le processus. On ne pratique pas la Biodanza seul dans son coin, précise-t-elle. « Dans le jargon, on parle d’environnement enrichi, dans lequel on est bombardé de stimulations positives nourries par l’effet du groupe. On parle de « réhabilitation affective » par le fait d’entrer en contact avec l’autre dans un espace de sécurité. On se donne la permission d’être soi et on le permet aussi à l’autre. Ce qui a pour effet d’induire un lien affectif avec l’autre et un renforcement de l’identité et de l’estime de soi ». Lors de séances à des familles, des groupes d’enfants ou des groupes de personnes handicapés, l’élévation de la joie de vivre de chacun au fur et à mesure des sessions est très perceptible. » La Biodance, comme Jean-Luc Bourgages l’a nommée en offrant des cours à ses patients en thérapie ou au grand public est « une approche très efficace, qui travaille beaucoup l’estime de soi, le rapport à soi et aux autres et le partage. Travailler en groupe multiplie les effets.»

Je me suis sentie pleine d’énergie après la séance, moins fatiguée qu’à l’arrivée et plus recentrée. J’ai regardé les autres avec joie et confiance et les jours suivants, il m’était plus spontané de prendre une amie dans mes bras et de sortir de ma « bulle individualiste ».

La vivancia

La biodanza a comme concept de base la « vivencia « , un terme espagnol que Rolando Toro a redéfini comme « une expérience vécue avec une grande intensité par un individu dans le moment présent ». Selon le milieu familial et social dans lesquels nous évoluons, certains potentiels se développeront tandis que d’autres resteront inexprimés. Selon Toro ces potentialités humaines s’inscrivent dans cinq grands champs d’expériences qu’il nomme « lignes de vivencia » : la vitalité, la créativité, la sexualité, l’affectivité et la transcendance. La Biodanza nous invite à récupérer et à réintégrer les caractéristiques propres à chacune. Ainsi, «la vitalité » sera travaillée à partir du rythme, de la capacité à se dépenser et à se reposer tandis que dans une autre séance, « la sexualité » sera ni plus ni moins de réintégrer le plaisir de bouger, de sentir son propre corps par des exercices précis ou dans des cours plus avancés, des danses à deux, la «créativité» de retrouver la capacité de créer librement, l’«affectivité» la capacité du lien bienveillant avec soi et avec l’autre, et la «transcendance» une possibilité de se sentir en lien avec la vie en général.

Gaie et ludique, la Biodanza insuffle à nous libérer de nos conditionnements, à faire confiance à nos ressentis et à retrouver le plaisir simple d’être soi. « Chaque cours se veut une cérémonie de célébration de la vie, un retour à l’état d’enchantement, de ravissement, au sens du merveilleux et du sacré, au plaisir d’être en vie, d’être soi, en soi, avec et parmi les autres. » *

 Pour en savoir plus :

Cours hebdomadaires avec Marie-Claire Martinez (et au parc Jeanne-Mance tous les jeudis de l’été 2018 et c’est gratuit!)

l’École de Biodanza SRT – Montréal et Sud-ouest du Québec
École de Biodanza SRT – Ville de Québec

Biodanza Canada

Article paru dans la Revue Profession Santé, section « Soigner autrement »

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